Le vibe coding permet de créer une application en parlant à une IA comme à un assistant technique. On décrit ce qu’on veut. L’IA génère le code. Le projet avance vite. Très vite.
C’est justement le problème.
Pour un MVP, un outil interne ou un prototype, le vibe coding peut faire gagner beaucoup de temps. Mais sans méthode, il peut aussi créer un projet fragile : bugs invisibles, code difficile à maintenir, perte de contexte, sécurité oubliée.
Voici les 4 pièges les plus fréquents, et surtout les réflexes simples pour les éviter.

C’est quoi le vibe coding ?
Le vibe coding consiste à générer du code avec une IA à partir d’instructions en langage naturel.
Exemple :
“Crée une page de connexion avec email, mot de passe et authentification Supabase.”
L’IA peut alors créer les fichiers, modifier l’interface, ajouter une logique backend ou corriger une erreur.
Pour une PME, c’est utile pour :
- tester une idée d’application ;
- créer un outil interne simple ;
- préparer un MVP ;
- automatiser une tâche métier ;
- mieux cadrer un projet avant de le confier à une équipe technique.
Le vibe coding ne remplace pas totalement un développeur. Il permet surtout d’aller plus vite sur les premières versions.
Pour une introduction plus complète, vous pouvez lire notre guide sur le vibe coding.
Piège n°1 : pourquoi ne faut-il pas faire confiance aveuglément à l’IA ?
Le premier piège, c’est de croire que le code généré est fiable parce qu’il fonctionne une fois. En réalité, une IA peut produire un code propre en apparence, mais incomplet dans les cas réels.
Quels sont les signes d’alerte ?
Votre projet semble fonctionner, mais :
- un formulaire plante si un champ est vide ;
- une donnée ne s’enregistre pas au bon endroit ;
- un bouton fonctionne seulement dans un cas précis ;
- l’application casse quand l’utilisateur revient en arrière ;
- une modification récente a cassé une ancienne fonctionnalité.
Le problème est simple : l’IA génère une solution probable, pas forcément une solution robuste.
Que faut-il faire avant de valider ?
Avant d’accepter une modification importante, testez au minimum :
Même sans profil technique, ces tests évitent beaucoup de bugs évidents.
Prompt utile à copier
“Avant de valider ce code, liste les cas limites à tester et les risques possibles en production.”
Puis : “Prépare-moi une checklist de test manuel simple pour cette fonctionnalité.”
L’objectif n’est pas de tout vérifier parfaitement. L’objectif est d’éviter de déployer trop vite.

Piège n°2 : pourquoi faut-il versionner son projet dès le départ ?
Le deuxième piège, c’est de construire sans sauvegarde propre. En vibe coding, on enchaîne vite les demandes :
- “Ajoute ce bouton.”
- “Corrige cette page.”
- “Change cette logique.”
- “Ajoute un filtre.”
Puis une modification casse quelque chose. Sans versioning, vous ne savez plus quelle version fonctionnait.
Quels sont les signes d’alerte ?
Vous êtes dans cette situation si :
- vous avez peur d’accepter une modification ;
- vous ne savez pas ce que l’IA a changé ;
- vous copiez-collez des fichiers “au cas où” ;
- vous essayez de réparer un bug avec plusieurs prompts successifs ;
- chaque correction crée un nouveau problème.
C’est le signe qu’il manque un filet de sécurité.
Quel réflexe adopter ?
Utilisez Git, même de façon simple. Avec GitHub Desktop, vous pouvez sauvegarder une version stable sans ligne de commande.
La règle : Une fonctionnalité fonctionne = un commit.
Exemples de noms de commits :
- “formulaire contact fonctionnel” ;
- “connexion utilisateur OK” ;
- “dashboard v1 stable” ;
- “filtre par statut ajouté” ;
- “version avant refactoring”.
Mini-routine à suivre
Avant une grosse modification :
- Tester rapidement que le projet fonctionne.
- Faire un commit.
- Demander la modification à l’IA.
- Tester à nouveau.
- Faire un nouveau commit si tout est stable.
Ce réflexe peut sauver plusieurs heures de réparation.
Piège n°3 : comment éviter que l’IA perde le contexte du projet ?
Le troisième piège, c’est de redémarrer une session IA sans rappeler les règles du projet. L’IA ne connaît pas toujours vos décisions précédentes. Si vous ne lui donnez pas le contexte, elle peut inventer une nouvelle logique.
Quels sont les signes d’alerte ?
Vous remarquez que l’IA :
- utilise d’autres noms de fichiers ;
- recrée une table déjà existante ;
- change la structure des dossiers ;
- ajoute une dépendance inutile ;
- mélange plusieurs façons de faire la même chose ;
- ignore une règle décidée plus tôt.
Au début, ce n’est pas dramatique. Mais sur la durée, le projet devient incohérent.
Que faut-il préparer ?
Créez un fichier de contexte dès le début du projet.
Selon l’outil, cela peut être :
- CLAUDE.md avec Claude Code ;
- des règles projet dans Cursor ;
- un README.md simple ;
- une page Notion ou Google Docs ;
- un document à coller au début de chaque session.
Ce fichier doit rappeler les informations que l’IA ne doit pas réinventer.

Exemple de fichier de contexte simple
# Contexte projet
Objectif : Créer un outil interne de suivi des demandes clients.
Stack :
- Frontend : React
- Backend : Supabase
- Déploiement : Vercel
Règles :
- Ne jamais modifier la base de données sans validation.
- Ne pas ajouter de nouvelle dépendance sans demander.
- Garder les composants courts.
- Utiliser les tables existantes : users, clients, requests.
Conventions :
- Composants en PascalCase.
- Fonctions en camelCase.
- Tables en snake_case.
Prompt à utiliser au début d’une session
“Voici le contexte du projet. Respecte ces règles pour toutes les prochaines modifications. Si une demande entre en conflit avec ces règles, préviens-moi avant de générer du code.”
Ce petit rituel évite beaucoup de bugs et de doublons.
Piège n°4 : pourquoi faut-il nettoyer le code régulièrement ?
Le quatrième piège, c’est de continuer à ajouter des fonctionnalités sans jamais simplifier le projet. Au départ, tout va vite. Puis l’application devient plus lourde. Les fichiers grossissent. Les corrections prennent plus de temps. L’IA commence à proposer des solutions moins claires.
C’est souvent le début de la dette technique.
Quels sont les signes d’alerte ?
Votre projet a besoin d’un nettoyage si :
- certains fichiers dépassent 300 ou 400 lignes ;
- plusieurs composants font presque la même chose ;
- une nouvelle fonctionnalité casse une ancienne ;
- vous ne comprenez plus l’organisation du projet ;
- l’IA corrige un bug en ajoutant encore plus de code ;
- les prompts deviennent de plus en plus longs pour expliquer le problème.
La dette technique n’apparaît pas d’un coup. Elle s’accumule petit à petit.
Que faut-il faire ?
Prévoyez une session de refactoring après plusieurs fonctionnalités.
Le refactoring consiste à réorganiser le code sans changer ce que l’utilisateur voit.
À faire régulièrement :
Prompt utile à copier
“Analyse ce fichier. Dis-moi ce qui peut être simplifié, séparé ou renommé sans changer le comportement de l’application. Ne modifie rien pour l’instant.”
Puis : “Propose un plan de refactoring en petites étapes, avec un risque faible à chaque étape.”
Le plus important : ne demandez pas à l’IA de tout réécrire d’un coup. En vibe coding, les grosses réécritures sont souvent risquées.
Quelle méthode simple suivre pour éviter les erreurs ?
Voici une routine simple à appliquer sur chaque projet vibe coding.

Conclusion : le vibe coding est puissant, mais il faut un cadre
Le vibe coding est excellent pour tester vite une idée, créer un prototype ou débloquer un projet sans équipe technique. Mais il ne faut pas le traiter come un pilote automatique.
Pour éviter les mauvaises surprises, gardez ces 4 réflexes :
- tester avant de valider ;
- sauvegarder chaque version stable ;
- donner du contexte à l’IA ;
- nettoyer le code régulièrement.
Avec ces bases, le vibe coding devient un vrai accélérateur.
Sans elles, il peut vite transformer une bonne idée en projet difficile à maintenir.












