
Un cahier des charges de refonte internet est le document clé qui conditionne la réussite de votre nouveau site. Sans cadrage précis, une refonte peut entraîner des pertes importantes de trafic organique, des redirections oubliées, une expérience utilisateur dégradée et des dépassements de budget.
Un bon cahier des charges permet d’aligner les objectifs métier, l’UX, le SEO et la technique avant le lancement, là où les erreurs coûtent le moins cher. Dans ce guide, vous découvrirez les 4 blocs essentiels à intégrer, les erreurs critiques à éviter, et les checklists indispensables pour livrer un site plus rapide, mieux classé et réellement aligné avec vos KPIs business.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges de refonte internet ?
Un cahier des charges de refonte internet est un document stratégique qui définit ce que le site doit améliorer, ce qu’il doit conserver et comment la transition doit s’opérer sans casser l’existant. Il formalise les objectifs métier, l’architecture du site, les contraintes SEO, les choix techniques et les critères de succès du projet.
Contrairement à une création de site, une refonte ne part jamais de zéro. Elle doit préserver ce qui fonctionne déjà (trafic organique, positions SEO, autorité, contenus performants) tout en corrigeant les points faibles : UX confuse, performances insuffisantes ou structure obsolète. C’est précisément ce que permet le cahier des charges.
Il sert aussi de référence commune entre vous et votre agence (ou votre équipe interne). Il évite les malentendus, les arbitrages tardifs et les dérives de périmètre. En pratique, c’est le document qui transforme une refonte risquée en projet maîtrisé, piloté par des objectifs clairs plutôt que par des décisions improvisées.
Pourquoi c’est essentiel pour une refonte internet ?
Une refonte de site sans cahier des charges clair expose le projet à des risques immédiats et mesurables. Sans cadre précis, les décisions sont prises au fil du développement, souvent sous contrainte de temps, ce qui multiplie les erreurs difficiles à corriger après la mise en ligne.
Les conséquences les plus fréquentes sont une perte de visibilité SEO, due à des URLs modifiées sans anticipation, une baisse des conversions, liée à une arborescence mal pensée, ou encore des dépassements de budget, causés par des allers-retours et des arbitrages tardifs. À cela s’ajoutent parfois des problèmes plus critiques : contenus supprimés par erreur, données perdues ou performances dégradées.
À l’inverse, un cahier des charges bien construit agit comme un outil de pilotage. Il permet d’aligner les parties prenantes, de prioriser les décisions et de sécuriser chaque étape clé avant le lancement. Ce n’est pas un document “en plus”, mais la condition pour transformer une refonte risquée en projet maîtrisé, avec des objectifs clairs et mesurables.

Que contient un bon cahier des charges ?
Un bon cahier des charges de refonte ne cherche pas à tout détailler dès le départ. Il s’organise autour de quelques blocs clairs et complémentaires, qui structurent l’ensemble du projet sans créer de redondance. L’objectif est d’avoir une vision d’ensemble lisible, partagée par toutes les parties prenantes.
Quatre blocs sont indispensables. D’abord, les objectifs et le périmètre du projet, pour définir ce qui doit être atteint et ce qui ne l’est pas. Ensuite, l’UX et l’architecture, qui cadrent la navigation, la structure et l’expérience utilisateur. Viennent ensuite le SEO et la migration, pour préserver la visibilité et anticiper les impacts techniques. Enfin, le volet technique et performance, qui garantit un site rapide, sécurisé et durable. Chaque bloc a un rôle précis et n’est traité qu’une seule fois, pour éviter les incohérences.
Objectifs & périmètre du projet
Ce premier bloc est le socle stratégique du cahier des charges. Tant qu’il n’est pas clair, aucune décision UX, SEO ou technique ne peut être fiable. L’objectif ici n’est pas de décrire le futur site, mais de définir ce que la refonte doit réellement produire comme résultat.
Le cahier des charges doit d’abord formuler des objectifs métier précis : augmentation des leads, amélioration du taux de conversion, progression du trafic organique, repositionnement de l’image de marque. Ces objectifs doivent être mesurables, car ils serviront de référence après la mise en ligne. Une refonte sans objectifs chiffrés ne peut pas être évaluée.
Viennent ensuite les cibles prioritaires. Il ne s’agit pas de créer des personas complexes, mais d’identifier clairement qui utilise le site aujourd’hui et qui doit l’utiliser demain. Cette étape conditionne la structure du site et les parcours utilisateurs.
Le bloc doit également lister les problèmes actuels du site : lenteur, arborescence confuse, faible visibilité SEO, taux de rebond élevé, conversions insuffisantes. Enfin, il précise le périmètre exact de la refonte (tout le site ou certaines sections), ainsi que les contraintes de budget, de délais et de ressources.
Sans ce cadrage initial, la refonte devient un projet flou, piloté à l’intuition plutôt qu’aux objectifs.
Exemple :
UX & architecture
Le bloc UX et architecture du cahier des charges a un rôle précis : structurer l’information et les parcours utilisateurs avant toute décision graphique ou technique. Il ne s’agit pas de produire un design, mais de définir un cadre clair pour éviter une navigation incohérente ou contre-productive après la refonte.
Ce bloc commence par un audit du contenu existant. Chaque page doit être analysée pour déterminer si elle doit être conservée, améliorée, fusionnée ou supprimée. Supprimer des pages sans analyse préalable entraîne fréquemment des pertes de repères pour les utilisateurs et des ruptures dans les parcours.
L’arborescence doit ensuite être formalisée. Le cahier des charges doit imposer une structure simple et lisible, avec une profondeur limitée à trois ou quatre niveaux maximum. Une navigation trop profonde complique l’accès à l’information et augmente le taux d’abandon, notamment sur mobile.
La navigation doit être pensée mobile-first, avec des menus clairs, des points d’entrée visibles et une hiérarchisation logique des contenus. Le parcours utilisateur doit être explicite : comment un visiteur arrive sur le site, progresse entre les pages et atteint l’action attendue.
Enfin, l’accessibilité doit être intégrée dès cette phase. Le cahier des charges doit exiger le respect des standards WCAG (contrastes, navigation clavier, lisibilité), afin de garantir une expérience utilisable par tous, sans corrections lourdes après la mise en ligne.
SEO & refonte
C'est le bloc le plus critique d’un cahier des charges de refonte. Son objectif n’est pas d’optimiser le futur site, mais de protéger la visibilité existante et d’anticiper les impacts des changements à venir. Une refonte mal cadrée sur ce point peut entraîner une perte durable de trafic organique. Dans plusieurs cas d’étude, on observe des pertes de trafic organique allant jusqu’à 80 % après une refonte menée sans préparation suffisante.
Ce bloc commence par un audit SEO de l’existant. Le cahier des charges doit imposer l’identification des pages qui génèrent du trafic, des conversions ou des backlinks. Ces pages constituent un capital à préserver : elles ne peuvent ni être supprimées, ni modifiées sans décision explicite.
La pièce centrale du bloc est le mapping des URLs. Chaque ancienne URL doit correspondre à une nouvelle URL, ou être volontairement supprimée avec justification. Ce mapping doit être documenté avant le développement, afin d’éviter toute improvisation au moment du lancement.
Le cahier des charges doit également cadrer la structure SEO du futur site : logique d’URLs, hiérarchie des pages, règles de maillage interne. L’objectif est de maintenir une architecture lisible pour les moteurs comme pour les utilisateurs.
Enfin, ce bloc doit imposer un suivi post-lancement. La refonte ne s’arrête pas à la mise en ligne : indexation, erreurs, positions et trafic doivent être monitorés pour sécuriser la transition et corriger rapidement les anomalies.
Technique & Performance
Le bloc technique et performance du cahier des charges définit les exigences minimales qui garantissent un site fiable, rapide et exploitable dans la durée. Il ne s’agit pas de choisir une stack précise, mais de poser un cadre clair pour éviter les arbitrages techniques tardifs, souvent coûteux après la mise en ligne.
Le cahier des charges doit d’abord préciser les attentes en matière d’hébergement et d’infrastructure : environnement stable, capacité à absorber les pics de trafic, présence éventuelle d’un CDN et gestion du certificat SSL. Ces éléments conditionnent directement la vitesse de chargement et la disponibilité du site.
La performance doit être formalisée à travers des objectifs clairs, notamment sur les Core Web Vitals. Sans seuils définis, la rapidité est souvent traitée comme un sujet secondaire, alors qu’elle impacte directement l’expérience utilisateur et le référencement.
Le volet sécurité fait également partie de ce bloc : mises à jour régulières, sauvegardes automatisées, protection contre les attaques courantes et surveillance des erreurs. Ces exigences ne relèvent pas du confort, mais de la continuité d’activité.
Enfin, le cahier des charges doit prévoir les conditions de maintenance et de monitoring après la refonte. Un site techniquement bien cadré est plus simple à maintenir, à faire évoluer et à optimiser, sans remise en question structurelle à chaque itération.
Exemples d’URLs avant/après
Pour bien comprendre les enjeux d’une migration, il est utile de raisonner en termes de logique d’URL, plutôt que de cas isolés. Sur un blog restructuré, on observe souvent le passage d’URLs très profondes (dates, catégories multiples, tags) vers une structure plus courte et thématique, par exemple une section « ressources » organisée autour de grands hubs. L’objectif est de réduire la profondeur et de renforcer la cohérence sémantique.
En e-commerce, la consolidation est fréquente. Plusieurs URLs produits très proches (variantes, déclinaisons) sont regroupées sous une page unique, avec des paramètres ou des options, afin de concentrer l’autorité SEO et d’éviter la dilution du trafic. Chaque ancienne URL doit alors rediriger vers cette page centrale.
Lors d’un changement de domaine, la logique est différente : l’enjeu est de recréer une correspondance claire entre l’ancien et le nouveau site, page par page. Ces exemples montrent qu’une bonne migration repose moins sur des recettes toutes faites que sur une réflexion structurée et cohérente.
Les erreurs de refonte les plus fréquentes (et évitables)
La majorité des échecs de refonte ne viennent pas d’un mauvais design, mais d’erreurs de cadrage. La première consiste à traiter la refonte comme un simple projet graphique, sans anticiper les impacts structurels sur le SEO, les parcours utilisateurs et la performance globale.
Une autre erreur fréquente est d’intervenir sur les URLs sans plan de migration. Changer une structure de pages sans mapping précis entraîne des pages 404, une perte de visibilité et une dégradation de l’expérience utilisateur. Ces problèmes sont souvent détectés trop tard, une fois le site en production.
Beaucoup de projets échouent aussi parce que le SEO est abordé après le développement. Sans audit préalable ni inventaire des pages stratégiques, des contenus à forte valeur peuvent être supprimés ou affaiblis. À cela s’ajoutent des oublis techniques classiques : performances non mesurées, accessibilité ignorée, tests insuffisants avant mise en ligne.
Enfin, lancer une refonte sans checklist de validation expose à des bugs évitables et à des corrections coûteuses. Une refonte réussie repose moins sur l’inspiration que sur l’anticipation et la rigueur.
Checklist avant lancement d’une refonte internet
Cette checklist permet de valider l’essentiel avant la mise en ligne, sans entrer dans des audits complexes. Elle sert de garde-fou pour éviter les oublis critiques qui impactent le trafic, l’expérience utilisateur ou la stabilité du site.
Conclusion
Une refonte réussie repose avant tout sur l’anticipation. En structurant le projet en amont, le cahier des charges permet d’aligner UX, SEO, technique et migration, tout en évitant les décisions improvisées. Il sécurise aussi bien la phase de préparation que les étapes critiques de pré- et post-lancement, souvent décisives pour la stabilité du trafic et des performances. Avant d’engager une refonte, prenez le temps de structurer vos besoins, de réaliser un audit du site existant et, si nécessaire, de vous faire accompagner pour transformer la refonte en véritable levier de croissance, plutôt qu’en source de risques.










