Airtable et RGPD : conforme ou risqué ? Le guide complet pour les entreprises françaises
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Airtable et RGPD : conforme ou risqué ? Le guide complet pour les entreprises françaises

Airtable est-il vraiment conforme au RGPD ? Analyse claire, risques réels, data residency UE, alternatives et bonnes pratiques pour décider en connaissance de cause.
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Publié le
December 30, 2025
Mis à jour le
January 5, 2026
Valentin Bert
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miniature avec écrit dessus : "Airtable et RGPD : quels sont les risques pour la conformité ? "
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Airtable peut-il vraiment être utilisé en conformité avec le RGPD ?

La question revient partout : DPO, chefs de projet, équipes produit… et pour cause. Airtable est devenu un pilier du no-code moderne, mais son ADN américain soulève de vraies interrogations sur la protection des données.

La réalité ? Airtable peut être conforme dans certains contextes, mais pas dans tous. Tout dépend de votre plan, de la localisation de vos données, du DPA signé, des sous-traitants impliqués… et du type d’informations que vous traitez.

Dans ce guide, vous allez découvrir une analyse claire, objective et illustrée :

  • Ce qu’Airtable garantit officiellement,
  • Ce que les experts RGPD reprochent encore,
  • Comment évaluer votre propre niveau de risque,
  • Et surtout, comment prendre une décision éclairée grâce à des matrices, comparatifs et visuels exclusifs.

En bref : on passe au crible l’outil no-code préféré des équipes… sans jargon et sans compromis.

En septembre 2025, les autorités européennes ont infligé à elles seules près de 480 millions € d’amendes RGPD, preuve que la conformité n’est plus une option, mais un enjeu stratégique.
L'info à emporter

Airtable s’est imposé comme l’un des outils no-code les plus puissants du marché… mais aussi comme l’un des plus discutés dès qu’on parle de RGPD. Avec l’explosion du no-code dans les entreprises françaises, les équipes produit, data, marketing et même RH se retrouvent face à une question simple : peut-on vraiment construire des flux de travail (workflows) sur Airtable tout en restant conforme ?

Le débat n’est pas nouveau, mais il s’intensifie. D’un côté, Airtable affirme être pleinement conforme au RGPD grâce à son DPA, ses SCC et ses certifications sécurité. De l’autre, plusieurs DPO, avocats et consultants soulignent des risques élevés, notamment liés à l’hébergement par défaut aux États-Unis et aux transferts internationaux.

Dans cet article, on remet tout à plat. On analyse point par point, avec des preuves, des explications concrètes et surtout des visuels clairs : matrices de conformité, matrices de responsabilités, arbre de décision RGPD, comparatifs EU vs US… Bref, tout ce qu’il faut pour comprendre si Airtable est un bon choix pour vos données et dans votre contexte.

Airtable est-il conforme au RGPD ?

Certifications & sécurité

Airtable met largement en avant son socle de sécurité :

  • SOC 2 Type II
  • ISO 27001
  • Chiffrement TLS/SSL en transit et AES-256 au repos
  • Gestion des accès via RBAC
  • Audit trails activés sur les plans avancés.

Dit autrement : l’outil coche toutes les cases essentielles d’une plateforme SaaS moderne. Et, sur le papier, il rivalise avec les meilleurs.

Les comparatifs techniques le confirment : dans les matrices "Statut de conformité au RGPD" et "Matrice des plateformes no-code", Airtable atteint un niveau de conformité élevé, proche de Zapier ou Make. Le cœur du sujet ne porte donc pas sur ses mécanismes de sécurité, mais sur… où les données sont hébergées et sous quelle juridiction elles tombent.

Contrat de sous-traitance (DPA)

Airtable propose bien un Data Processing Addendum (DPA), signé électroniquement lors de la mise en conformité du compte.

Le document précise le rôle d’Airtable en tant que sous-traitant, ainsi que les engagements liés : sécurité, sous-traitants, transferts, droits des personnes, logs, etc.

La Matrice des responsabilités RGPD montre clairement la répartition des rôles :

  • Airtable prend en charge la sécurité de la plateforme, les audit logs, la gestion des sous-traitants et certains aspects des transferts internationaux.
  • L’organisation utilisatrice reste responsable de la licéité du traitement, du consentement, de la minimisation, de la durée de conservation, et de la documentation RGPD.
Matrice de responsabilités RGPD par rôle
Responsabilité Plateforme no-code Intégration tierce Développeur d’application Responsable du traitement
Sécurité de la plateforme Primaire Partagée N/A N/A
Accord de traitement des données (DPA) Partagée Partagée N/A Primaire
Gestion du consentement Partagée N/A Primaire Partagée
Droits des personnes concernées Partagée Partagée Partagée Primaire
Notification de violation de données Partagée Partagée Partagée Primaire
Pistes d’audit Primaire Primaire Partagée Partagée
Transferts internationaux Primaire Primaire N/A Partagée
Politique de confidentialité N/A N/A Partagée Primaire
Évaluation des tiers Partagée N/A Partagée Primaire
Réponse aux incidents Partagée Partagée Partagée Primaire

Droits des personnes (Art. 12–23)

Airtable fournit les fonctions nécessaires pour répondre aux demandes d’accès, de rectification ou de suppression.

Les données peuvent être exportées, mises à jour ou supprimées via :

  • L’interface,
  • L’API,
  • Ou des automations internes adaptées aux procédures RGPD.

Ce n’est pas une solution clé en main comme certains CRM RGPD-first, mais les briques de base existent.

Notification de violation

Airtable s’engage contractuellement à notifier les violations de données dans des délais raisonnables, conformément aux standards du secteur.

Les procédures internes couvrent :

  • L’identification d’un incident,
  • L’évaluation de son impact,
  • La communication au responsable de traitement,
  • Et la documentation technique nécessaire.
Ressources Airtable – Conformité RGPD et sécurité des données
Ressource URL Utilisation
GDPR at Airtable https://support.airtable.com/docs/gdpr-at-airtable Vue d’ensemble
DPA Form https://www.airtable.com/dpaform Signer un DPA
Trust & Security https://www.airtable.com/company/trust-and-security Certifications
Sub-Processors https://www.airtable.com/company/subprocessors Audit des sous-traitants
EU Data Residency https://support.airtable.com/docs/european-data-residency-at-airtable Détails sur la résidence des données UE
Information Security Standards https://airtable.com/company/information-security-standards Mesures techniques

Le problème clé : la gestion des transferts hors-UE (Art. 44–49)

Le point litigieux : les serveurs US

La question des transferts internationaux est le véritable nœud du débat. Par défaut, Airtable héberge ses données aux États-Unis, ce qui implique automatiquement l’utilisation de Clauses Contractuelles Types (SCC) pour encadrer les flux de données depuis l’Union européenne. Depuis l'arrêt Schrems II, ces mécanismes sont légalement possibles… mais beaucoup moins simples qu’avant.

En pratique, plusieurs juristes et DPO pointent du doigt les risques théoriques liés au Cloud Act et au FISA 702, deux lois américaines permettant, sous certaines conditions, l’accès des autorités américianes à des données stockées sur des serveurs américains. Ce risque reste faible pour la plupart des entreprises, mais il suffit à faire basculer Airtable dans une zone "gris juridique" dès qu’on traite des données sensibles ou un volume important d’informations personnelles.

La seule option RGPD solide : la résidence des données en Europe

Pour réduire ce risque, Airtable propose une option "résidence des données en Europe", uniquement disponible sur les offres Enterprise Scale.

D’après la matrice "Options de résidence des données Airtable", les différences entre l’hébergement US et l’hébergement européen sont majeures :

  • Latence : bien meilleure pour les utilisateurs européens.
  • Souveraineté : les données restent en Allemagne & Irlande.
  • Niveau de risque : fortement réduit, car les données ne sont plus soumises au Cloud Act.
  • Coût : option premium réservée à l’Enterprise (budget conséquent).
  • DPIA : charge d’évaluation des risques nettement allégée.
  • Sous-processeurs : infrastructure majoritairement européenne (Allemagne, Belgique, Irlande...).
Options de résidence des données Airtable (comparaison US vs UE)
Fonctionnalité Centre de données US Résidence des données UE
Stockage principal AWS US-East-1 (Virginie, États-Unis) AWS EU-Central-1 (Francfort, Allemagne)
Localisation des sauvegardes Basées aux États-Unis AWS EU-West-1 (Dublin, Irlande)
Chiffrement en transit TLS/SSL ✓ TLS/SSL ✓
Chiffrement au repos AES-256 ✓ AES-256 ✓
Offres disponibles Toutes (Free, Pro, Business, Enterprise Scale) Enterprise Scale uniquement
Impact sur le coût Inclus dans le tarif standard Tarification premium (incluse dans Enterprise Scale)
Données concernées Toutes les données personnelles clients Toutes les données personnelles clients
Régions des sous-traitants Principalement États-Unis Allemagne, Belgique, Irlande
Conformité RGPD Nécessite des CCT pour les transferts UE Conforme au repos, CCT pour les transferts en transit
RGPD articles 44-49 Mécanisme de transfert requis Risque réduit (données dans l’UE)
Latence pour les utilisateurs UE Latence plus élevée vers les États-Unis Latence plus faible au sein de l’UE
Souveraineté Données hors de l’UE Données sous juridiction UE
Niveau de conformité ★★★ ★★★★★
Complexité de mise en œuvre ★★★
Coût $ $$$
AIPD requise Oui (intensité standard) Oui (moins intensive)

En clair : l’option européenne est une réelle amélioration de conformité, mais elle est inaccessible aux petites équipes.

Le statut “partiellement conforme” expliqué

La matrice "Statut de conformité au RGPD" montre qu’Airtable coche presque toutes les cases :

  • Conformité complète à 13 critères de sécurité et gouvernance,
  • Présence d’un DPA,
  • Chiffrement robuste,
  • Audit logs,
  • Certifications solides.

La seule zone de conformité partielle reste l’hébergement des données. Tant que la résidence des données en Europe n’est pas activée, Airtable doit s’appuyer sur des mécanismes juridiques supplémentaires (SCC + mesures techniques renforcées) pour rester utilisable en Europe.

Ce n’est donc pas un outil "non conforme", mais un outil conforme sous conditions, dont le niveau de risque varie selon le plan choisi et la nature des données traitées.

Pourquoi des experts RGPD restent méfiants malgré les garanties officielles ?

Les sous-traitants à risque élevé

Même si Airtable coche la plupart des cases RGPD sur le papier, certains points continuent d’inquiéter les DPO, et la chaîne de sous-traitance en fait clairement partie.

La Matrice des risques RGPD sur Airtable met en évidence un point sensible : plusieurs services intégrés ou optionnels appartiennent à la catégorie “"IA / ML à haut risque", notamment OpenAI, AWS AI ou Google LLC.

Ces acteurs sont puissants, mais leur localisation, leurs mécanismes d’entraînement ou leur exposition au Cloud Act créent une zone d’incertitude pour les données personnelles. Même si ces services ne sont pas utilisés par défaut, ils existent dans l’écosystème, et c’est suffisant pour déclencher une analyse d’impact côté DPO.

Problème de multi-juridiction

Les schémas présents dans la matrice montrent également une difficulté structurelle : Airtable repose sur des opérateurs situés dans plusieurs zones réglementaires différentes.

Résultat : les flux de données peuvent traverser plusieurs juridictions (États-Unis, Irlande, Allemagne, Belgique…), chacune avec ses obligations et ses contraintes.

Pour des entreprises françaises ou européennes, cette multiplication des points de contact rend l’évaluation RGPD plus complexe : même si Airtable applique des garanties, tout dépend aussi du comportement des sous-traitants.

Le flou sur la segmentation régionale

Airtable propose une option "résidence des données en Europe" solide, mais elle ne couvre pas tout. Certaines briques techniques pourraient continuer à être gérées ou monitorées depuis les États-Unis (logs centralisés, sécurité globale, alertes ou métadonnées).

Ce flou alimente les doutes : si une part des traitements reste américaine, alors une part du risque aussi.

Conclusion : conforme ≠ acceptable pour tous les DPO

D’un point de vue documentaire, Airtable peut être conforme. Mais conforme ne signifie pas automatiquement acceptable.

La décision dépend du type de donnée, de sa sensibilité, du volume traité, des sous-processeurs utilisés et de la tolérance au risque définie par chaque organisation.

Autrement dit : Airtable peut être une très bonne option… ou une option à éviter. Tout dépend du contexte.

Stocker des données personnelles sur des serveurs US sans Clauses Contractuelles Types et sans analyse d’impact expose directement à un non-respect des articles 44–49.
L'erreur du débutant

Quand Airtable est-il réellement utilisable en conformité RGPD ?

L’arbre de décision RGPD

Pour savoir si Airtable peut être utilisé en conformité avec le RGPD, il faut prendre du recul et analyser la chaîne complète du traitement. C’est exactement le rôle de l'Arbre de décision RGPD.

Le principe : une série de questions clés qui déterminent si l’usage d’Airtable conduit vers une zone "Réussi" ou un arrêt net ("Stop").

L’arbre commence par une question centrale : vos données sont-elles sensibles ?

Si la réponse est oui (santé, RH, juridique, mineurs…), la logique bascule immédiatement vers la zone rouge. Airtable reste un outil américain, soumis au Cloud Act : le risque dépasse ce que la plupart des DPO considèrent acceptable.

Si les données ne sont pas sensibles, on passe à l’étape suivante : avez-vous la résidence des données en Europe ?

Sans cette option Enterprise, la majorité des traitements repassent par les États-Unis. Résultat : SCC obligatoires, DPIA renforcée, et un risque juridique élevé.

Le diagramme poursuit ensuite avec :

  • Analyse des sous-traitants (OpenAI, Google, AWS AI → zones à risque),
  • Évaluations risques (volume, finalité, exposition),
  • Nécessité ou non d’une DPIA,
  • Puis décision finale : usage possible ou arrêt immédiat.

Cas où Airtable est acceptable

Airtable peut être utilisé en toute conformité si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Les données sont non sensibles (prospects, opérations internes, inventaires…).
  • L’entreprise dispose du plan Enterprise avec résidence des données en Europe (Frankfurt + Dublin).
  • Les sous-traitants critiques sont évités ou remplacés (pas d’intégrations AI/ML US à haut risque).
  • Le périmètre est clair, documenté et encadré par un DPA + SCC.
  • Les accès, permissions et logs sont correctement paramétrés.

Dans ce scénario, Airtable reste un outil puissant, collaboratif et suffisamment maîtrisable pour rester dans une zone RGPD acceptable.

Cas où Airtable devrait être évité

À l’inverse, Airtable devient inadéquat, voire totalement à proscrire, dans les cas suivants :

  • Données médicales, RH sensibles, juridiques, disciplinaires, minorités protégées, mineurs, etc.
  • Organisations publiques ou opérateurs soumis à des régimes de souveraineté stricts.
  • Forte dépendance aux API US (Zapier, OpenAI, Google ML…), même si Airtable est hébergé en EU.
  • Projets nécessitant une DPIA lourde, avec exposition élevée aux transferts internationaux.
  • Besoin de garanties techniques impossibles à obtenir dans Airtable (chiffrement E2E, localisation stricte, cloisonnement avancé).

Dans ces situations, Airtable crée un niveau de risque difficilement justifiable pour un DPO, quel que soit le paramétrage de sécurité.

Comparatif : Airtable vs plateformes no-code (RGPD)

Tableau comparatif visuel complet

Le paysage no-code n’a rien d’homogène en matière de conformité. Pour le montrer clairement, voici une lecture synthétique basée sur la Heatmap de conformité RGPD : plateformes no-code.

Bubble
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE : Partial
  • SCC inclus :
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs : Partial
  • Documentation RGPD :
  • Liste des sous-traitants :
Webflow
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE :
  • SCC inclus :
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs : Partial
  • Documentation RGPD :
  • Liste des sous-traitants :
Zapier
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE :
  • SCC inclus :
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs :
  • Documentation RGPD :
  • Liste des sous-traitants :
Glide
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE :
  • SCC inclus :
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs :
  • Documentation RGPD : Partial
  • Liste des sous-traitants :
Adalo
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE :
  • SCC inclus : Partial
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs :
  • Documentation RGPD : Partial
  • Liste des sous-traitants : Partial
Make
  • SOC 2 Type II :
  • ISO 27001 :
  • DPA disponible :
  • Résidence données UE :
  • SCC inclus :
  • Chiffrement :
  • Authentification 2FA :
  • Audit logs :
  • Documentation RGPD :
  • Liste des sous-traitants :

Ce tableau évalue chaque plateforme sur 11 critères clés : SOC 2, ISO 27001, disponibilité du DPA, data residency européenne, encryption, SCC, 2FA, audit logs, documentation RGPD, liste des sous-traitants et score global.

Cette visualisation met immédiatement en évidence les écarts : certaines solutions dépassent largement les standards européens, d’autres peinent à remplir les prérequis minimums.

Analyse : le no-code n’est pas égal en matière RGPD

Ce comparatif rappelle une réalité que beaucoup d’équipes sous-estiment : toutes les plateformes no-code ne se valent pas face au RGPD.

Trois facteurs font la différence :

  1. Sécurité & certifications : La majorité des obligations RGPD techniques (chiffrement, audit trails, contrôles d’accès) reposent totalement sur la qualité intrinsèque de la plateforme. Certaines solutions excellent, d’autres restent très en retrait.
  2. Infrastructures & zones géographiques : Une plateforme peut être très sécurisée… tout en hébergeant ses données uniquement aux États-Unis. Ce simple point peut faire basculer un projet en non-conformité si aucune base légale solide n’est disponible.
  3. Politique de transfert & sous-traitants : Chaque intégration (analytics, e-mailing, IA, logs) ajoute sa propre juridiction, ses propres risques et sa propre couche contractuelle. Certaines plateformes maîtrisent cet écosystème, d’autres s’appuient sur une chaîne complexe de services US, difficile à justifier dans une DPIA.

Alternatives RGPD-friendly à Airtable

Bases de données EU-native

Pour les organisations qui veulent rester sur un modèle no-code tout en éliminant les risques liés aux transferts hors UE, plusieurs options “EU-native” offrent une vraie tranquillité d’esprit.

Baserow est aujourd’hui l’alternative la plus solide : open-source, hébergeable en Europe et compatible avec des environnements publics ou sensibles. Même logique du côté de NocoDB lorsqu’il est déployé sur une infrastructure européenne : contrôle total, pas de dépendance aux clouds américains. Enfin, SeaTable EU propose une expérience très proche d’Airtable… mais avec une résidence des données strictement européenne.

Solutions low-code compatibles secteur public

Certaines structures — collectivités, écoles, hôpitaux, opérateurs publics — ont besoin d’outils encore plus encadrés. Dans ce cas, Microsoft Dataverse EU coche toutes les cases : résidence européenne, conformité poussée, intégration native avec l’écosystème M365.

Autre option : Odoo communautaire, particulièrement adapté lorsqu’on souhaite une plateforme modulaire, open-source et hébergeable à 100 % dans l’Union européenne.

Cas d’usage + limites

Ces alternatives offrent un niveau de souveraineté maximal… mais tout n’est pas parfait.

Pour des workflows complexes, des interfaces riches ou des automatisations avancées, Airtable reste souvent plus flexible et plus agréable à utiliser.

À l’inverse, dès qu’il s’agit de traiter des données sensibles, des volumes importants ou un cadre fortement réglementé, les solutions EU-only se révèlent nettement plus adaptées — parfois même nécessaires pour rester dans les clous.

Bonnes pratiques pour utiliser Airtable de façon conforme

Choisir Enterprise EU

Pour réduire l’exposition juridique, la seule configuration vraiment solide reste la résidence des données en Europe, proposée sur les plans Enterprise. Cette option déplace l’hébergement vers AWS Frankfurt (avec sauvegarde à Dublin), ce qui limite les risques liés aux transferts transatlantiques et allège la charge de justification post-Schrems II.

C’est également ce mode qui garantit que la majorité des sous-processeurs impliqués restent basés dans l’Espace économique européen, un point clé pour rassurer un DPO ou réussir une DPIA sans escalade juridique.

Éviter certaines intégrations

La plupart des problèmes de conformité ne viennent pas d’Airtable… mais de ce qu’on connecte autour.

La Matrice des risques RGPD sur Airtable le montre clairement : les services OpenAI, Google LLC, AWS AI ou Workato tombent dans le quadrant "IA à risque élevé" pour les données sensibles. Même chose pour certains connecteurs Zapier US.

Lorsque vos données touchent à l’RH, au juridique, au social ou à la santé, la règle simple est : zéro interconnexion avec des services américains non indispensables.

Paramétrage sécurité

Une grande partie de la conformité repose sur la configuration. Airtable offre des options puissantes, mais encore faut-il les activer. Les incontournables :

  • RBAC pour limiter précisément qui voit quoi ;
  • Authentification 2FA pour renforcer l’accès ;
  • Audit logs Enterprise pour tracer chaque action ;
  • Champs masqués / chiffrement interne pour éviter l’exposition accidentelle.

Mis ensemble, ces paramètres réduisent drastiquement les risques opérationnels, et améliorent la posture RGPD sans alourdir les processus.

DPIA simplifiée

  • Datacenter US → DPIA obligatoire (car transfert hors UE)
  • Datacenter EU → DPIA allégée (car réduction drastique du risque)

En pratique, cette distinction permet de cadrer rapidement le projet : si votre activité implique des données sensibles ou un volume important, la version EU d’Airtable allège la complexité documentaire et rassure la chaîne de gouvernance.

Coûts à prévoir pour une conformité RGPD sérieuse avec Airtable

Entre la signature DPA, la revue annuelle, le chiffrement avancé, la formation interne et la documentation RGPD, il faut compter en moyenne 1500 à 2500 €/an. Un budget raisonnable comparé aux risques juridiques et aux amendes croissantes en 2025.

RGPD : Ce qui change en 2025 (et pourquoi ça vous concerne)

2025 marque une vraie accélération côté conformité. Les sanctions s’enchaînent surtout pour trois motifs :

  • Manquements au "Consentement aux cookies",
  • Retards dans la gestion des violations,
  • Manque de transparence sur le suivi des données.

En parallèle, le paysage réglementaire bouge vite :

  • ePrivacy Regulation arrive (plus strict que le RGPD sur les cookies),
  • L’AI Act redéfinit les obligations pour les plateformes qui s’appuient sur l’IA,
  • Les équipes doivent gérer l’interaction RGPD / IA, un terrain encore flou pour beaucoup.

Bonne nouvelle : les solutions no-code évoluent aussi. En 2025, on voit apparaître :

  • Des workflows de conformité automatisés (gestion DSAR, preuves de consentement),
  • Un suivi en temps réel,
  • Des audit trails renforcés par défaut,
  • Et des modules plus “flexibles” pour s’adapter aux nouvelles régulations.

En bref : le niveau d’exigence monte, mais les outils progressent aussi, à condition de bien choisir où vous stockez vos données et comment vous configurez votre stack.

Cet article s’appuie sur les sources officielles d’Airtable ainsi que sur des références juridiques reconnues (DPA, SCC, articles 44–49 du RGPD, jurisprudence Schrems II…).
Disclaimer

Airtable peut parfaitement entrer dans un cadre RGPD solide… mais seulement lorsque toutes les conditions sont réunies. L’enjeu n’est pas l’outil en lui-même : c’est l’ensemble des éléments qui gravitent autour (localisation des données, sous-traitants, nature des informations traitées, et capacité de l’organisation à maintenir un niveau de sécurité constant).

Le cœur du risque reste le même : les transferts hors-UE et les services américains utilisés en cascade. Tant que ces flux existent, un DPO devra arbitrer entre praticité, conformité et risque juridique.

Un usage réellement maîtrisé et 100 % aligné RGPD passe par une configuration très claire : Enterprise + Résidence des données en Europe, analyse des sous-traitants, audit interne, DPIA quand nécessaire, et limitation stricte des intégrations américaines.

Pour tout le reste, la conformité dépendra du contexte, du volume de données, et du niveau de risque acceptable. Airtable peut être un excellent choix… mais seulement si l’on sait exactement comment l’utiliser.

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1. Airtable est-il conforme au RGPD ?

Airtable peut être conforme au RGPD, mais uniquement sous certaines conditions : signature du DPA, analyse des sous-traitants, mesures de sécurité activées, et idéalement résidence des données en Europe. Sans ces éléments, l’outil reste dans une zone de risque moyen liée aux transferts de données vers les États-Unis.

2. Airtable stocke-t-il les données en Europe ?

Uniquement si vous disposez d’un plan Enterprise Scale avec l’option Résidence des données en Europe. Dans ce cas, les données sont hébergées en Allemagne (Frankfurt) avec une redondance en Irlande (Dublin).

Sur les plans classiques : stockage par défaut aux États-Unis.

3. Quand Airtable est-il considéré comme acceptable par un DPO ?

Lorsqu’il est utilisé avec :

  • un plan Enterprise Scale + Résidence des données en Europe
  • absence de données sensibles
  • un périmètre limité et bien documenté
  • un DPA signé
  • une maîtrise des sous-traitants (pas d’OpenAI / Google ML sur des données personnelles)
  • une configuration sécurité conforme (RBAC, audit logs, 2FA, permissions fines)

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